Pourquoi cet appel au rassemblement des musulmans à l'issue de la grande prière du vendredi ?

- La publication des caricatures dans France-Soir, trois mois après leur parution dans un journal danois, a été ressentie comme une provocation envers la communauté musulmane en France qui est la plus importante d'Europe. C'était une façon d'affirmer que nous ne pouvions pas laisser passer cette nouvelle étape dans la provocation à l'égard des musulmans. On voulait aussi que ce mécontentement s'exprime ici, dans la mosquée, et pas ailleurs. Les 2000 fidèles qui se sont rassemblés après la grande prière ont senti que la mosquée était le lieu naturel où ils pouvaient exprimer leur colère contre cette ignominie

Mais les athées ou agnostiques qui se font traiter de "mécréants" ou de "chiens d'infidèles" par des responsables religieux n'ont ils pas aussi, au nom de la liberté d'expression, le droit de brocarder les travers des religions ?

- La liberté d'expression est un droit fondamental qui fonde notre république. Mais il lui faut des règles, ce n'est pas un chèque en blanc. La liberté d'expression n'a pas un caractère universel, elle a aussi ses limites. Je suis musulman, j'ai le droit d'être respecté dans mes convictions. Quant à ces propos dont vous me parlez, je ne les ai jamais entendus dans nos mosquées. Dans le Coran il est bien écrit qu'on n'a pas le droit d'imposer notre religion.

Comment réagissez vous à la déclaration de Jacques Chirac ?

- Le Président de la République est dans son rôle quand il rappelle les droits et devoirs de chacun et de tous. Il ne pouvait pas être insensible à ce cri de douleur venu des musulmans blessés dans leurs convictions.

Propos recueillis par Robert Marmoz