Depuis février 2003, des militantes de l'association Women of Zimbabwe Arise (Woza, Femmes du Zimbabwe, debout !) ont été arrêtées à de multiples reprises par la police alors qu'elles manifestaient pacifiquement contre la détérioration de la situation sociale, économique et des droits humains au Zimbabwe.

En mai 2006, plus de cent membres de Woza et près de soixante-dix écoliers ont été arrêtés après une manifestation pacifique organisée dans la ville de Bulawayo pour protester contre la hausse des frais de scolarité. Ces personnes ont été inculpées de « comportement susceptible de troubler la paix ». Un policier de haut rang aurait menacé deux responsables de Woza. Les autorités tolèrent de moins en moins les manifestations - pourtant pacifiques - critiquant les politiques gouvernementales.

Cette affaire montre également que la législation, en particulier la Loi relative à l'ordre public et à la sécurité et la Loi relative aux infractions diverses, peut être détournée de son but premier afin de permettre arrestations et détentions arbitraires et de faciliter diverses autres violations des droits humains par la police. Le 31 mars 2005, jour des élections législatives, environ deux cent soixante femmes, dont certaines portaient des bébés, ont été arrêtées par la police lorsque Woza a tenté d'organiser une manifestation silencieuse pacifique à Harare, la capitale du pays, pour prier après le scrutin. À l'occasion de la Saint Valentin 2007, des femmes de Woza ont de nouveau été arrêtées lors de leurs manifestations pacifiques. Les militantes, y compris les mères avec leur bébé, ont passé la nuit dans une cour en plein air. La police leur aurait affimé que si elles plaidaient coupables d'infractions mineures prévues par la Loi relative aux infractions diverses, elles pourraient payer une amende et retrouver la liberté.

En cas de refus, elles seraient maintenues en détention tout le week-end et inculpées aux termes de la Loi relative à l'ordre public et à la sécurité. Toutes les militantes (dont plusieurs âgées et blessées) ont accepté de payer l'amende. La Loi relative aux infractions diverses a ainsi une fois de plus été utilisée pour obtenir des « aveux » de culpabilité et régulariser des arrestations et des détentions arbitraires.

Source : Amnesty International