Le maire de Marseille Jean-Claude Gaudin a soutenu la candidature de Daniel Simonpieri comme représentant apparenté UMP aux élections municipales de Marignane. Ce qui a fait couler de l’encre, y compris au sein de l’UMP.
Simonpieri a été élu en 1995 sous l’étiquette FN où il a milité pendant vingt-cinq ans et réélu en 2001 avec le soutien du MNR de Bruno Mégret. En 2002, il a appelé à voter Le Pen et n’a jamais pris ses distances avec le FN.
Intégré au groupe UDF-UMP du conseil général des Bouches-du-Rhône par J.C Gaudin en 2004 et bien implanté, Simonpieri peut facilement gagner des élections dans son fief. Selon la LDH-section de Toulon, cette investiture a soulevé l’indignation du député de la circonscription Eric Diard, soutenu dans sa démarche par Renaud Muselier. Une stèle en hommage aux putschistes d'Algérie et aux membres de l'OAS avait été en effet élevée par Simonpieri à Marignane. Le 1er novembre 2005, Daniel Simonpieri est allé, à la tête d’une délégation d’élus, fleurir la stèle dédiée à la gloire “des fusillés et combattants morts pour que vive l’Algérie Française”. Les protestations du député n’ont pas pesé face au choix de Jean-Claude Gaudin, vice-président de l’UMP et du Sénat, qui préside aussi la commission nationale d’investiture de ce même parti. Il faut savoir que l’actuel maire de Marseille a fait alliance avec le Front National pour être élu à la tête de la région PACA dès 1986. Il a géré la région avec ce parti jusqu’en 1992, avec nominations et désistements réciproques lors des échéances électorales. Et aux dires du maire de la cité phocéenne, mieux vaut un extrémiste nationaliste qu'un candidat UMP correct mais perdant … Daniel Simonpieri au lendemain du premier tour de la présidentielle de 2007 attestait: “Beaucoup d’électeurs FN ont constaté que Nicolas Sarkozy disait les mêmes choses que Le Pen, mais que lui avait une chance de les mettre un jour en application. Ils ont donc voté utile. Parce qu’ils ont cessé de croire à l’accession de Le Pen au pouvoir” (Le Canard enchaîné du 25 Avril 2007). "L'alliance avec le FN, c'est du passé. Il y a prescription" avait affirmé Nicolas Sarkozy pendant la campagne présidentielle.
Dominique Perben a annoncé récemment qu'il avait passé un "accord avec les anciens colistiers de Charles Million" pour les municipales de mars prochain. "Depuis vingt ans, la droite est divisée, elle sera unie en mars prochain dès le premier tour. J'y travaille depuis quatre ans et je suis très heureux de cet accord, c'est la victoire de l'opiniâtreté et de la ténacité" a-t-il déclaré. L’UMP gratifie ainsi des politiques qui ont mobilisé leurs électeurs pour voter Sarkozy aux présidentielles et lance un appel à l’électorat frontiste, à l’heure où la droite “classique” utilise des repères qui ont fait le succès de Le Pen.


Nathalie Szuchendler