COMMUNIQUE DE PRESSE | Observatoire belge de l'extrême-droite | web-journal : RésistanceS (www.resistances.be)

Suite à la réintégration au sein de l'Église catholique, samedi dernier, de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X (F.S.S.P.X, mouvement intégriste fondé en 1970 par feu Monseigneur Lefebvre) et les révélations sur les propos négationnistes de l'un de ses évêques, le Britannique Richard Williamson, les autorités vaticanes ont tenté d'isoler « le problème ». Pourtant, c'est l'ensemble de la F.S.S.P.X qui devrait poser des questions au Vatican. Effectivement, depuis sa création, la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X a de nombreux liens avec l'extrême-droite contemporaine. De plus, elle affiche ouvertement, encore de nos jours, sa nostalgie pour des régimes dictatoriaux fascistes. Du temps de son vivant, Monseigneur Lefebvre (1905-1991) avait pris des positions politiques antidémocratiques. Le 3 avril 1985, le fondateur de la F.S.S.P.X, apportait par exemple son soutien officiel au Front National de Jean-Marie Le Pen dans «Présent», un quotidien d'extrême-droite catholique. Aujourd'hui, Mgr. Lefebvre reste la référence majeure pour ce courant réactionnaire de l'Église catholique.

Il faut signaler que dans son église parisienne, Saint-Nicolas-du-Chardonnet, la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X organise des célébrations religieuses de souvenir ou d'enterrement en l'honneur d'anciens dirigeants du fascisme européen, mais aussi pour des néonazis et négationnistes. Quelques exemples : pour l'ex-collaborateur Paul Touvier, pour le leader néonazi français des années 1970 François Duprat (qui s'était chargé de diffuser massivement en France les thèses niant le génocide des juifs commis par les nazis), pour l'écrivain négationniste Maurice Bardèche (après son décès, le 12 septembre 1998), pour l'antisémite Henri Coston (après sa disparition, le 27 juillet 2001), pour le dirigeant du mouvement fasciste espagnol José Antonio Primo de Rivera (le 29 novembre dernier), pour le général Franco (également le 29 novembre 2008)....

En Belgique, la branche belge du mouvement lefebvriste a été fondée, au début des années 1970, par des militants de l'extrême droite. C'est notamment "Le Nouvel Europe magazine" , parrain du Front de la Jeunesse (une organisation néofasciste), qui s'était chargé de médiatiser chez nous le « lefebvrisme ». A l'occasion de sa nomination, en 2001, comme Supérieur en Belgique de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X, l'abbé Paul Aulagnier avait déclaré : «Je suis content d’être à Bruxelles, moi qui déteste la république et qui hais la démocratie » (lors d'une interview au journal d'extrême-droite belge "Polémique-Info" d'Alain Escada, du 24 septembre 2001). Comme lui, plusieurs autres dirigeants de la F.S.S.P.X ont été formés à « l’école maurassienne», du nom de Charles Maurras, l’idéologue français du « nationalisme intégral », dont l’axe central fut le racisme et l’antisémitisme.

La F.S.S.P.X-Belgique est aujourd'hui encore liée à "Belgique & Chrétienté". Cette association d'extrême droite catholique est dirigée par Alain Escada, l'ex-directeur de "Polémique-Info". Celui-ci a été l’un des dirigeants du Front Nouveau de Belgique, puis est devenu, via son journal, un partenaire officiel du Front National de Daniel Féret. Actuellement, Alain Escada et Belgique & Chrétienté participent aux activités politiques du mouvement "Nation", un groupuscule regroupant les purs et durs de l'extrême-droite belge francophone. A plusieurs reprises, Alain Escada est apparu dans les médias comme l'un des porte-parole de la F.S.S.P.X.

Dans la mouvance de la F.S.S.P.X-Belgique, il faut encore signaler la présence de Vincent Reynouard, un agitateur néonazi condamné en juin dernier par la justice belge à un an de prison ferme pour négationnisme. Depuis, pour éviter la prison, le négationniste intégriste est passé en clandestinité grâce à la protection d'un réseau de soutien proche de l'extrême-droite catholique. Le "Comité de soutien à Vincent Reynouard" apporte désormais tout naturellement son soutien à l'évêque intégriste lefebvriste Richard Williamson.

Pour RésistanceS.be : « La réintégration de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X dans le giron du Vatican confirme la stratégie d'alliance opérée par Benoît XVI. C'est en grande partie avec le courant intégriste, où se retrouve l'extrême-droite catholique, que le pape souhaite maintenant diriger l'Église catholique. A l'heure de la montée des fondamentalismes dans toutes les religions et des extrémismes politiques, le choix d'alliance de Benoît XVI est dès lors des plus inquiétants. D'autant plus qu'un silence est imposé sur les réalités des positions politiques antidémocratiques des intégristes de la Fraternité Saint-Pie X. La réprobation officielle des propos négationnistes scandaleux de son évêque britannique ne pourra pas faire oublier le corpus politico-religieux d'extrême-droite des nouveaux soldats du pape».

(1) [http://csvr.wordpress.com/ |http://csvr.wordpress.com/]

En savoir + en lisant Les nouveaux soldats du pape de Caroline Fourest et Fiammetta Venner : http://nouveauxsoldatsdupape.wordpress.com/