Hier, jeudi 7 octobre la rapporteur britannique Christine McCafferty devait présenter au Conseil de l'Europe l'aboutissement de 2 ans de travail sur l'objection de conscience en milieu hospitalier. Dans le rapport, on pouvait lire : "La pratique de l’objection de conscience se développe dans le domaine des soins de santé, lorsque des prestataires de soins de santé refusent d’assurer certains services en y opposant une objection religieuse, morale ou philosophique. Tout en reconnaissant le droit d’un individu à l’objection de conscience vis-à-vis de l’accomplissement d’un acte médical donné, l’Assemblée parlementaire se préoccupe vivement de la montée de cette pratique qui, en grande partie, n’est pas réglementée, surtout dans le domaine de la santé reproductive, dans de nombreux Etats membres du Conseil de l’Europe." En effet c'est sous la dénomination "objection de conscience" que des personnels soignants refusent aux femmes la possibilité d'avorter. Le rapport préconisait l'obligation pour les Etats de fournir les soins et d'élaborer des règlementations exhaustives et précises définissant et réglementant l’objection de conscience eu égard aux soins de santé et aux services médicaux, y compris les services de santé génésique. Le rapport réclamait la possibilité de parler de notion d'urgence.

Les mouvements provie, notamment l'Alliance pour les droits de la Vie, ont répliqué en organisant une pétition sur le droit à l'objection de conscience. En quelques jours, elle a été signée par 28 000 signataires dont près de 4 300 professionnels de la santé. Dans la journée du 7 octobre, les amendements provie sont ajoutés au rapport de Catherine McCafferthy.
Le projet de résolution a été entièrement remplacé par un nouveau texte entièrement contre le droit à l'avortement. On pouvait y lire « nul hôpital, établissement ou personne ne peut faire l'objet de pressions, être tenu responsable ou subir des discriminations d'aucune sorte pour son refus de réaliser, d'accueillir ou d'assister un avortement Â» ou encore "affirme, défend et promeut le droit du personnel médical à l'objection de conscience ; elle s'applique non seulement aux médecins, mais à tout le personnel médical engagé directement ou indirectement dans un acte ou une procédure d'avortement, d'euthanasie ; elle s'applique non seulement aux individus, mais aussi aux institutions, hôpitaux et cliniques, privées mais aussi publiques."
Pour des raisons de procédures, l'ex-rapport McCafferty devenu rapport pro-life a été retiré. Mais ce coup de force augure de futurs combats.

Aline Baïf