du 29/12/2003

SARKO SUR LE NIL : LA LAICITE EXPLIQUEE AUX FONDAMENTALISTES

Devinez où Nicolas Sarkozy a décidé de passer ses fêtes de Noël, en plein débat sur le voile ? En Égypte, magnifique lieu de villégiature accesoirement berceau des Frères musulmans. En effet, il semble que Nicolas Sarkozy vienne de trouver une nouvelle mission, à sa mesure évidemment : expliquer la laïcité aux fondamentalistes égyptiens. Il remettra dès le 29 décembre son costume de ministre de l’Intérieur, chargé des Cultes. Au programme de sa visite officielle : un entretien avec
le ministre égyptien des Affaires étrangères et avec l’imam de la mosquée Al Azhar au Caire, cheikh TANTAOUI.

Le cheik TANTAOUI n'est pas n'importe qui. Il a notamment approuvé une fatwa du Centre de recherche islamique de l'université Al-Azhar appelant au Jihad. Celle-ci stipulait notamment que «conformément à la raison et à la loi musulmane, si l'ennemi attaque la terre des musulmans, le djihad devient un impératif religieux individuel pour tous les musulmans, hommes et femmes, car notre nation musulmane serait alors sujette à une nouvelle invasion de croisade visant sa terre, son honneur, sa foi et sa patrie.» Sa thèse rend hommage à Adolphe Hitler et lorsqu'il accorde un entretien à un site français c'est à Radio islam, le site qui appelait à voter Le Pen aux dernières élections et qui diffuse les Protocoles des Sages de Sion, pour les enjoindre à lutter contre le sionisme en France.

En pleine polémique sur le voile islamique, alors que de Beyrouth à Téhéran, les fondamentalistes musulmans dénoncent la loi sur la laïcité, manifestent devant les ambassades et les consulats de France et demandent à Jacques Chirac de faire marche arrière, cette visite est lourde de signification. Le ministère de l’Intérieur s’attache à dédramatiser. « Il est naturel que le ministre des Cultes rencontre son homologue ». Curieuse explication que celle qui consiste à faire d’un dignitaire religieux étranger l’équivalent d’un ministre chargé des Cultes, même si nous n'avons jamais douté que, dans son empressement habituel, Nicolas Sarkozy soit capable de se prendre pour
un gourou...

La visite de Nicolas Sarkozy a été préparée au plus haut niveau : le ministre de l’Intérieur et le Président de la République se sont vus à ce sujet il y a quelques jours. Mieux : Cheikh Tantaoui a reçu l’ambassadeur de France en Egypte. Il lui aurait assuré que la loi sur la laïcité est « une affaire française ». Pourquoi alors le gouvernement français éprouve-t-il le besoin d’aller d'une loi française avec les représentants et les dignitaires religieux égyptiens ?

Selon le ministère de l’Intérieur, l’entretien devrait porter sur la loi sur l’interdiction des signes religieux et… sur la composition du Conseil français du Culte musulman ! On avait pourtant cru comprendre que l’objectif de Nicolas Sarkozy était d’aider à l’émergence d’un islam de France, coupé de toute influence étrangère. Ce qui était déjà mal engagé avec en son sein une organisation islamiste liée aux Frères musulmans comme l'UOIF. Décidémment, le ministre ne sembler jamais prendre le temps de tirer les leçons de ses erreurs.

 

JEB BUSH INAUGURE LA PREMIER PRISON RELIGIEUSE AUX USA

Jeb Bush, frère de George W. Bush et gouverneur républicain de l'Etat de Floride, a inauguré mercredi la première prison religieuse aux Etats-Unis, en déclarant à quelque 800 prisonniers de l'établissement que la religion pouvait les aider à ne pas récidiver. En plus des habituelles sessions de prières, l'institution correctionnel de la ville de Lawtey (Floride) va ainsi proposer à ses détenus des études religieuses, une chorale, du conseil offert par des religieux et d'autres activités spirituelles sept jours sur sept.
La participation à ce programme religieux est volontaire et les prisonniers ont la possibilité de demander à être transférés ailleurs. Mercredi, Jeb Bush a salué les prisonniers -représentant 26 religions et croyances diverses- pour s'être engagés face à "une autorité supérieure". "Ce n'est pas simplement une politique douce, c'est une politique sérieuse", a-t-il déclaré à la foule, faisant référence à ceux qui "sont sceptiques face à cette initiative". "Je suis fier que la Floride accueille la première prison religieuse des Etats-Unis."
Durant la cérémonie d'inauguration, certains prisonniers ont applaudi en rythme un chant de gospel tandis que d'autres criaient "Amen".
Les détenus de cet établissement carcéral du nord de Floride ont été informés il y a un mois que la prison allait être transformé en une institution fondée sur la religion. C'est alors que 111 prisonniers ont demandé à être transférés dans d'autres établissements, mais des prisonniers volontaires venus d'autres prisons ont rapidement pris leurs places.
Jeb Bush et les responsables de la Floride espèrent que ce programme religieux permettra aux détenus de ne pas récidiver après leur libération de prison.
Le gouverneur de la Floride a noté mercredi qu'environ 38% des prisonniers libérés dans cet Etat retournaient en prison. "Ne serait-il pas mieux si l'on trouvait une façon de faire baisser ces 38% vers 0%, pour votre famille et votre communauté?", a demandé Jeb Bush sous les applaudissements.
Howard Simon, le directeur de l'Union des libertés civiles (ACLU) de Floride a qualifié la création de cette prison d'"épreuve de force constitutionnelle de taille", notamment du point de vue du financement par le gouvernement des programmes religieux.

Source AP


du 22/12/03

MANIFS PRO-VOILE : ce que nous avons vu...

Plusieurs manifestations pro-voile ont eu lieu depuis le discours de Chirac. Si le président de la République avait eu le courage d'annoncer une loi rétablissant réellement la laïcité (interdisant les signes religieux mais aussi l'enseignement de la religion catholique et protestante pendant les heures de cours dans certains départements) au lieu de donner le sentiment d'une loi uniquement anti-voile, nous aurions sans aucun doute assisté à des manifestations co-organisées par des intégristes chrétiens et musulmans (ce qui aurait le mérite d'être clair), tandis que les rassemblements pro-voile peuvent donner le sentiment de réagir à une forme de racisme. En apparence en tout cas, car il suffit de les observer de près pour ne pas douter de leur inspiration intégriste. Comme les manifestations anti-PaCS, les efforts pour apparaître de façon festive (comme les voiles tricolores) ne doivent pas nous tromper sur les intentions réelles des organisateurs...

A Strasbourg, samedi 20, on a pu voir 800 personnes défiler à l'appel le Parti musulman de France de Latrèche. Ce chiffre est impressionnant pour qui ne connaît pas les méthodes de cette organisation islamiste, habituée à faire venir des cars de militants depuis l'Allemagne pour gonfler les rangs de ses manifestants. En réalité, le PMF basé à Strasbourg est un groupuscule - dont les listes aux élections locales n'ont jamais dépassé les 0,5%. A l'occasion de la manifestation, le PMF a expliqué qu'une loi risquait de "légitimer et banaliser l'islamophobie" au nom d'un "laïcisme brutal et violent".

A Paris, ce sont près de 3000 personnes qui ont manifesté le dimanche 21 de République à Bastille. Très fortement encadrées par des militants barbus de l'UOIF (qui n'appelait pas officiellement à la manif mais dont le site a servi de relais pour l'appel), les femmes voilées ont eu du mal au départ à se faire entendre. Il a fallu plusieurs rappel à l'ordre des organisatrices officielles (un groupe d'appoint de jeunes filles) pour les voir en tête du cortège. Elles ont en effet plusieurs fois exigé que "les frères laissent passer les soeurs". En dehors de quoi, chaque fois qu'une femme voilée prenait la pose devant les photographes avec une pancarte, un groupe d'hommes barbus se mettaient entre elle et les journalistes pour la masquer... Il a fallu à chaque fois que des filles interviennent et leur demande de se pousser.

Les manifestants se sont dirigés vers la place de la Bastille en chantant "La Marseillaise", ou en criant de nombreux slogans tels que "France bien-aimée, où est ma liberté?", "Mon voile, ma voix", "Le voile, mon choix", "Ni frère ni père: le foulard, on l'a choisi", ou encore "Chirac, Sarkozy : le voile, on l'a choisi". Parmi les slogans on pouvait lire : "Française, musulmane et fière de l'être", "Touche pas à mon voile", pouvait-on lire sur des banderoles, ou encore: "J'aurais voté Le Pen, je ne serais pas surprise aujourd'hui". Des slogans plutôt bien pensés, portés par des jeunes femmes visiblement heureuses de pouvoir s'exprimer. Comment s'en étonner ? Le militantisme antiféministe a toujours été une formidable voie d'émancipation pour certaines femmes puisqu'il permet d'exprimer sa révolte sans fâcher les hommes, au contraire. Mais cette révolte a ses limites et elle contraste terriblement avec la réalité de certains voiles. En effet, comment croire que le "voile est un choix" en voyant plusieurs petites filles de moins de cinq ans voilées participaient à cette manifestation !

De quoi méditer cet avertissement lancé par le plus célèbre des poètes arabes, Adonis, dans un article paru il y a quelques mois dans "Al Hayat" : "Certains prétendent que la femme musulmane en Occident choisit le voile, et qu'elle est seule à décider de le porter, en toute liberté. C'est là un argument qui demanderait à être longuement discuté. Mais lorsqu'on voit à Paris, par exemple, des
petites filles voilées qui n'ont pas plus de quatre ans, peut-on vraiment prétendre qu'elles portent le voile par leur seule volonté ? "

L'une d'elle, assise sur une voiture à pédales, tirée par son père (habillé à l'afghane), était un peu la mascotte de la manifestation. Une forme de rappel à l'ordre pour ceux qui se laisseraient troubler par les deux ou trois voiles bleu-blanc-rouge. D'autant que certaines femmes portaient le niqab saoudien (un voile intégrale ne laissant voir que les yeux). On pouvait aussi voir beaucoup de voiles prolongés par des gants noirs en cuir. Côté hommes, ce fût plutôt des jellabas classiques, quelques turbans talibans et surtout beaucoup de barbes. Vers 15h30, un groupe d'une dizaine de ces hommes ont quitté la manifestation pour s'installer sur la terrasse d'un restaurant fermé, boulevard des Filles du Calvaire, afin d'improviser une prière (qui aurait du avoir lieu a 14h40 !).

Parmi les femmes non voilées soutenant la manifestation, notons la participation de Ginette Skandrani. Elle préside l'association de la Pierre et l'Olivier qui, sous prétexte de solidarité avec la cause palestinienne, ne montre aucune gène à participer aux rassemblements du parti des musulmans de France pro-Le Pen ni à ceux du révisionnistes Serge Thion. On pouvait aussi voir quelques membres du Collectif des musulmans de France (la nouvelle association qui promeut Tariq Ramadan), ainsi que Tarek Kawtari, dirigeant du MIB (Mouvement de l'immigration et des banlieues).

Pierre Tévanian ou la gauche pro-voile

On savait déjà Pierre Tévanian suffisamment peu féministe pour avoir rédigé un texte odieux sur le "féminisme à visage inhumain" (parce qu'anti-voile !) ayant trôné tout l'été à la une du site de l'UOIF. On le savait suffisamment proche du MIB (Mouvement de l'Immigration et des Banlieues de plus en plus séduit par Tariq Ramadan) pour avoir initié la pétition "Oui au foulard dans l'école laïque" parue sous ce titre dans Libération avant l'été, pour avoir organisé une manifestation de soutien aux soeurs Lévy, et pour avoir déclaré la guerre à ce qu'il appelle l'"islamophobie" des "croisés d'une laïcité qui exclut" (sic).

Après Ni putes ni soumises, Sami Naïr, Malek Boutih, Elisabeth Roudinesco ou encore Patrick Weil (tous pris pour cibles sur son site "Les Mots sont importants"), ProChoix figurait visiblement sur son agenda... A croire que tous les enemis de Tariq Ramadan ou de l'UOIF sont aussi les siens, il nous a harcellé pendant des mois afin que nous publions un texte de son cru (d'une cinquantaine de pages), un interminable procès d'intention en"islamophobie" de la revue sous prétexte de refuser une loi contre le voile.

Peu méfiantes au début, nous lui avons proposé un entretien croisé avecCaroline Fourest. Après avoir fait mine d'accepter, il a ensuite prétendu que nous n'avions rien compris et exigé que Prochoix publie son texte in extenso (30 pages !), sans les réponses de Caroline Fourest. Naïves, nous étions prêtes à accepter à la condition que son texte soit réduit à 10 pages mais devant l'obstination de Pierre Tévanian à vouloir faire paraître un texte utilisant les mêmes procédés et les mêmes termes que les islamistes contre les militants laïques, nous avons préféré publier d'autres textes, reflétant eux aussi une position hostile à une loi contre le voile mais de façon plus constructive (comme un entretien avec Farhad Khosrokhavar ou un texte d'Alain Lipietz).

Furieux, Pierre Tévanian nous fustige désormais sur son site web, où pas un jour ne passe sans qu'il ponde un article injurieux et souvent mensonger à l'égard de ProChoix ou de Caroline Fourest, à qui il reproche surtout d'avoir destabilisé Tariq Ramadan sur le plateau de Campus. Ce qui en fait à ses yeux, l'une des "bourgeoi-se-s blanc-he-s" représentante "la fraction blanche" du plateau (sic). En effet, aux yeux de Tévanian, la laïcité exigente est une valeur occidentale qu'il n'est jamais loin de considérer comme une valeur coloniale et les militants laïques n'ont en réalité qu'un seul objectif : "la défense de l'Occident" et le choc des civilisations, même lorsqu'il dénoncent justement ce Choc des civilisation et la stigmatisation imbécile de l'islam au profit d'une critique de toutes les religions et de tous les intégrismes (comme l'a fait Caroline Fourest sur le plateau de Campus).

A noter, Pierre Tévanian passe aussi une grande partie de son temps à tanner les militants de l'Émancipation, une organisation laïque essentielle, pour qu'ils fléchissent sur la question du voile ou qu'au mieux ils se taisent. Encore un contre-pouvoir en moins face aux islamistes. Heureusement, il existe des militants de l'Émancipation suffisamment aguerris pour lui résister mais comme à ProChoix (où Tévanian a fait exploser le comité de rédaction depuis l'extérieur), il risque de les épuiser un moment...

 

du 10/12/03

Sortie du n°26/27 : "Islamophobes ... ou simplement LAÏQUES ?"

Le prochoix n°26/27 vient de sortir sous le titre : "Islamophobes ... ou simplement laiques ?". C'est un numéro double de 296 pages. Vous pouvez le trouver dans les bonnes librairies ou sur abonnement (45 euros par an par cheque à Prochoix, 177 av Ledru rollin 75011 paris)

ISLAMOPHOBES ou simplement LAIQUES ?

- Comité éditorial : Nos divergences ne sont pas des dérives
- Caroline Fourest & Fiammetta Venner : Islamophobie ?
- Pascal Hilout : Islamophobie ou peur des islamistes ?
- Anakin : Gay et musulman... donc islamophobe ?
- Irshad Manji : Mon problème avec l’islam
- Samia Labidi : Parole d’athée. Halte à la discrimination !
- Goli Afshar : L’”Islamophobie” vue d’Iran
- Caroline Fourest : "Le Monde" à l’envers. À propos des convictions
anti-laïques diffusées par H. Tincq et X. Ternisien

L'AGENDA DE TARIQ RAMADAN

- Bernard Cassen : Islam et alter-mondialisme
- Pierre Khalfa Le défi de l’universel
- Farouk Mansouri & H. Michelini-Beldjoudi Tariq Ramadan ou la guerre des
mondes
- CFAl : Une altermondialisation féministe et laïque est-elle possible avec
T. Ramadan
- F. Lalem, C. Chafiq et M. Surduts : Ramadan : antiféministe !

L'ENJEU DU DÉBAT SUR LA LAICITÉ A L'ÉCOLE

- Aline Baïf : Deux commissions : pour quel projet ?
- Philippe Darriulat : Voile : nos raisons
- Mrap Marseille : La base du Mrap résiste
- Alain Lipietz : Le débat sur le foulard ...
- Cécile Daumas : Entretien avec Farhad Khosrokhavar
- Catherine Deudon : Voile sur le dos des femmes
- Collectif national de Femmes solidaires Non au voile et à son projet de
société
- AIME : Aujourd’hui le voile. Et demain ?
- Lola Devolder : Pour que tous les chemins ne mènent plus à Rome (ni
ailleurs)
- Jeanne Favret-Saada : 2000 : du cathé au Capes
- Anne Marquis : Impossible de décrocher le crucifix de ma classe
- Hervé Pritrsky : En tant que directeur...
- Hakima Laala-Hafdane : Ce signe distinctif religieux dans le travail
social
- Anne Hermanus : Europe. Ta constitution fout le camp !

ENQUETES ET DÉCRYPTAGES

- Daniel Borrillo : La théologie de l’intolérance
- Vanessa Flahault : Homosexualité : la nouvelle croisade du Vatican
- Leïla Benyassine : Chronique d’une réforme annoncée
- Femmes du Maroc : Les innovations introduites par la réforme de la
Moudawana
- N. Une vie entre parenthèses (à propos des mariages forcés)
- Anne-Laure Vernet : Le corps en otage
- Flora Bolter : Le retour de la contestation
- Vanessa Flahault : L’affaire Humbert va-t-elle enfin relancer le débat sur
l’euthanasie ?

ON A VU / ON A LU / ON EN PARLE

- L’enquête Enveff (sur les violences faites aux femmes)
- Dictionnaire des cultures gays et lesbiennes - Le rapport de Sos
Homophobie - Liberté, égalité, sexualité - Karim, mon frère ex-intégriste et
terroriste - Qu’est-ce que la laïcité ?

NEWS


Mort d’un travesti à Nancy - La clémence US pour le terrorisme prolife -
Rentrée scolaire anti-laïque - Russie : restriction au droit à l’avortement
- Ramadan vs Sarkozy ?...

 

ANTOINE SFEIR RÉPOND AUX MENSONGES DE TARIQ RAMADAN

Dans l’émission CAMPUS du jeudi 4 décembre 2003, Monsieur Tariq Ramadan a affirmé avoir gagné tous ses procès, y compris celui intenté contre Antoine SFEIR .


IL S’AGIT D’UNE CONTRE VÉRITÉ ÉVIDENTE.

En date du 22 mai 2003 la 7è chambre de la Cour d‘Appel de Lyon jugeant correctionnellement a débouté Monsieur Tariq Ramadan de son appel contre le jugement qui avait relaxé Monsieur Antoine SFEIR de l’infraction de diffamation publique par les motifs qui méritent d’être soulig nés ;
Monsieur SFEIR avait dans un entretien accordé au mensuel Lyon Mag‘ déclaré que : Monsieur Tariq Ramadan « est un orateur habile (…) un fondamentaliste charmeur qui est un spécialiste du double langage ».
Monsieur SFEIR avait également soutenu : « (…) Tous ces islamistes qui militent contre l’intégration, c’est une véritable "bombe à retardement" ».
S’estimant lésé dans son honneur et sa considération, Monsieur Ramadan a porté l’affaire devant la Justice lyonnaise. Par jugement en date du 19 décembre 2002, le TGI de Lyon a prononcé la relaxe de Monsieur SFEIR. Cette décision a été confirmée en appel par des motifs péremptoires.

La Cour d’appel a estimé de façon catégorique, après avoir procédé à une analyse judicieuse des circonstances, de fait en l’espèce, « qu’il ressort seulement des propos d’Antoine SFEIR que les discours de la partie civile peuvent exercer une influence sur les jeunes islamistes et constituer un facteur incitatif pouvant les conduire à rejoindre des partisans d’actions violentes ;(…) que laisser entendre que, par ses discours Tariq RAMADAN peut porter une responsabilité, peut-être morale, en faisant naître dans certains esprits une vocation terroriste ou en confortant d’autres dans leur résolution à suivre une telle ligne de conduite, correspond à l’expression, naturelle et admissible dans une démocratie, d’une critique des prises de position publiques de la partie civile sur des sujets et des faits de société ; (…) que l’interview donnée par Antoine SFEIR (…) ne comporte pas d’allégation ni d’imputation de faits mais exprime en réalité une opinion critique qui, formulée dans un contexte marqué par de graves attentats terroristes, n’apparaît pas disproportionnée eu égard au but d’information poursuivi et à l’effet recherché de susciter les interrogations et la réflexion qu’appelait le sujet traité » .

…/…

Par sa décision, la Cour d’appel ne fait que rappeler le libre droit de critique et la liberté d’opinion et d’expression, rejoignant ainsi la position de la Cour Européenne des Droits de l’homme, principe qui demeure un des piliers fondamentaux de notre société démocratique.

Cette décision qui donne pleine et entière satisfaction à Monsieur Antoine SFEIR, dont la crédibilité est ainsi totalement réhabilitée, concerne, au-delà du cas d’espèce, tous les journalistes, auteurs et écrivains. Elle ne doit pas, à ce titre, passer inaperçue.

du 8/12/03

Régularisons les sans-papiers et expulsons les intégristes !


Un groupe de Sans Papiers vient d'investir l'église de St Nicolas du Chardonnet, elle même occupée illégalement depuis 25 ans par les intégristes catholiques.
Au fil des ans, l'Église est devenue le symbole de la résistance à Vatican II. Les militants lefevristes s'y réunissent pour écouter la messe en latin. Les femmes sont même priées de s'y rendre voilées, en "signe de sujétion".
Le curé de St Nicolas ne manquant jamais de rappeler ce fameux épitre de St-Paul : "Dieu est le chef de l'homme et l'homme est le chef de la femme". La question qui se pose est de savoir qui la préfecture va-t-elle expulser ? Les intégristes lefèvristes ou les sans papiers ? ProChoix a choisi : régularisons les sans-papiers et expulsons les
intégristes !

Pour info voici l'article que nous avions publié en décembre 1999, dans ProChoix n°12, concernant le squatt illégal de cette église par les intégristes catholiques.


>>> Le squatt de Saint-Nicolas du Chardonnet

Tous les antifascistes connaissent Saint-Nicolas du Chardonnet, cette Eglise parisienne à deux pas de la Mutualité où les catholiques traditionnalistes se donnent rendez-vous pour résister à Vatican II, écouter des messes en latin devant un parterre de femmes voilées. Ce que tout le monde a oublié, c’est que cette Eglise est occupée à la suite d’un coup de force parfaitement illégal et que seul le laissez-faire de l’Etat permet aux intégristes catholiques de conserver leur quartier général. Tout le monde sauf un sénateur, monsieur Dreyfus-Schmidt, bien décidé à dénoncer le caractère parfaitement illégal de cette occupation.. Dans une question écrite adressée au ministre de l’intérieur le 24 juin dernier, il rappelle comment, le 24 février 1977, un groupuscule d’intégristes catholiques s’était introduit dans l’édifice pour en expulser manu militari l’occupant d’alors, l’abbé Pierre Bellego. A l’époque, l’instance judiciaire saisie avait constaté que “la situation de fait qui lui était soumise révélait l’existence d’un trouble manifestement illicite et constitutive d’une voie de fait à laquelle il était urgent de mettre fin” (CA, Paris, 13 juillet 1977). Or, fait remarquer le sénateur Dreyfus-Schmidt, “à ce jour, la décision reste lettre morte”. Le 8 juillet 1978, un parlementaire s’était déjà interrogé sur la non-exécution du jugement. Le ministre de l’intérieur d’alors, monsieur Christian Bonnet avait fait cette réponse : “L’évacuation de l’Eglise (...) a été différée en raison des troubles à l’ordre public que risquerait d’entraîner cette opération”. Une évaluation de la situation avait en effet été confiée à un médiateur désigné par le Tribunal de grande instance le 1er avril 1977. Or devinez qui a été chargé d’élaborer les modalités d’évacuation des lieux ? Jean Guitton en personne. Membre de l’Académie française mais aussi admirateur du Maréchal Pétain et proche des catholiques lefévristes (voir ProChoix N°10) ! Surprise, dans son rapport, Jean Guitton avait mis en avant que “la mesure d’expulsion présenterait des difficultés particulières tenant au fait que l’Eglise est un lieu public qui doit rester accessible à tous, prêtres ou laïcs, paroissiens ou non, pour la pratique de leur religion, aux heures normales d’ouverture”. Comme si les troupes de l’ordre s’étaient embarrassées de pareilles considérations lorsqu’ils ont attaqué à la hache la porte de l’Eglise Saint-Bernard pour embarquer des sans-papiers !
Refusant obstinément d’évacuer Saint-Nicolas du Chardonnet, l’Etat s’est vu condamné le 12 octobre 1982 à verser une indemnité de 15 000 F à l’abbé illégalement dépossédé de son Eglise. Autrement dit, l’Etat a fait supporter aux contribuables les conséquences de sa volonté de désobéir à la loi en protégeant les intégristes catholiques d’une quelconque expulsion. On rêve ! Le Pape, qui n’a pas la même patience, a lui excommunié les occupants de Saint-Nicolas le 2 juillet 1988. Plus que jamais, l’Etat s’est donc retrouvé hors la loi en laissant des intégristes squatter un lieu de culte devant être “exclusivement réservé aux prêtres et aux fidèles qui veulent y pratiquer leur religion en se soumettant aux préceptes de l’Eglise catholique” (ce qui n’est plus le cas depuis leur excommunication), comme le précise l’article 5, paragraphe 1er de la loi du 2 janvier 1907.

On comprend que le sénateur Dreyfus-Schmidt ait trouvé matière à s’interroger : “Dans un Etat de droit, ce qui trouble l’ordre public, n’est-ce pas l’inexécution d’un ordre de justice et non son exécution? N’y a-t-il pas lieu en conséquence pour l’Etat de faire en sorte que force reste à la loi et que le contribuable ne soit pas exposé à payer une nouvelle fois des impôts correspondant au dédommagement du légitime occupant ?” La question semble tellement avoir embarrassé en haut lieu qu’il a fallu une seconde question écrite, le 21 octobre, pour obtenir une réponse de Jean-Pierre Chevénement. Elle est parue au Journal officiel le 4 novembre.
Après avoir confirmé les faits, Jean-Pierre Chevénement s’est contenté de reprendre l’argument du ministre Bonnet, à savoir que “la permanence des risques de troubles pour l’ordre public que pourrait susciter une expulsion avec le concours de la force publique justifie encore à ce jour l’inexécution de l’arrêt”. Et le ministre de l’intérieur d’ajouter : “il convient de rappeler que l’administration, sauf à méconnaître le principe de la laïcité de l’Etat, ne saurait s’immiscer dans des litiges opposant des tendances ou des mouvements religieux, en vertu de la loi du 9 décembre 1905 sur la séparation de l’Eglise et de l’Etat, en dehors du cas, qui n’est pas ici en cause, où il s’agit de déterminer quel est l’affectataire légitime de l’édifice du culte”.

POUR EN SAVOIR + SUR ST NICOLAS DU CHARDONNET, lire :
> http://www.amazon.fr/exec/obidos/ASIN/2702133045/tirscroises-21


du 6/12/03

La mission Debré sur les signes religieux veut légiférer sur tout.. sauf sur l'Alsace-Moselle !

La mission parlementaire conduite par Jean-Louis Debré sur les signes religieux à l'école, dont l'avis devrait être plus suivi que celui de la Commission Stasi (davantage chargée d'organiser le débat public) vient de rendre son rapport, approuvé "à la quasi unanimité" de ses membres.

PARMI LES BONS POINTS, elle propose une "disposition législative", comprenant un article unique à introduire dans le code de l'Education, visant à interdire "le port de tout signe visible d'appartenance religieuse ou politique dans les établissements scolaires" du public.
En revanche, les établissements privés sous contrat ne seraient pas concernés et cette interdiction.

MAUVAIS POINT, le communiqué de la présidence de l'Assemblée précise que cette disposition "ne remettrait pas en cause les régimes spécifiques qui prévalent actuellement en Alsace-Moselle et dans certaines collectivités d'outre-mer", où la laïcité est pourtant quoitidiennement bafouée sous
prétexte d'accords franco-allemand archaïques et caduques qui ne demandent qu'à être toilettés.

Le statut scolaire en Alsace-Moselle, où l'état salarie des catéchèses pour donner des cours d'"enseignements catholique et protestant" pendant les heures de cours, est tout particulièrement contraire à l'article 2 de la loi de 1905, selon lequel l'"État ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte". Rien, ni le Concordat ni la loi Falloux, ne peut justifier que trois départements français ne soient toujours pas soumis au régime laïque, comme nous l'avons montré dès le prochoix n°13 et redéveloppé dans le prochoix n°26/27 qui vient d'arriver chez nos abonnés (en librairies dès lundi).

De même, au nom de la tradition, un grand nombre de lycées publics, d’anciens internats devenus externats, disposent toujours d’aumôneries catholiques. Ce sont toutes ces anomalies, contraires à la loi de 1905, qu’une loi devrait mettre à plat si elle veut sincèrement réaffirmer le principe de laïcité et rétablir la paix scolaire. Encore faut-il une réelle volonté publique de rétablir la laïcité partout en France et vis-à-vis de toutes les religions. Ce qui ne semble pas la priorité de la Mission Debré. Elle se ridiculise en montrant qu'elle est incapable de ne pas céder au clientélisme chrétien. ProChoix demande que le débat sur le voile à l'école débouche sur une réaffirmation du principe de laïcité vis-à-vis de toutes les religions et dans tous les départements de France.

COMMUNIQUÉ DE PROCHOIX-PARIS
> Pour lire le rapport de la Commission : http://www.assemblee-nat.fr/12/dossiers/laicite.asp


Attali pense que les féministes pro-IMG sont des "intégristes"

Dans sa chronique paru dans l'Express du 04/12/2003, sous prétexte de protester contre la stratégie des anti-choix français cherchant à faire de l'embryon un individu par le biais de l'amendement Garaud, Jacques Attali à renvoyé dos à dos les intégristes anti-avortement et les "intégristes inverses" que seraient les partisans de l'IMG (l'Interruption médicale de grossesse).

EXTRAIT : "Les intégristes inverses profitent de cette occasion de crier au scandale pour soutenir que la femme enceinte a droit de vie et de mort sur son enfant jusqu'au jour de sa naissance, tentant ainsi, au passage, d'enlever aux médecins des centres de diagnostic prénatal tout rôle dans l'IVG, ainsi que le contrôle, que leur donne aujourd'hui la loi, de l'interruption médicale de grossesse (IMG), limitée, selon le texte, aux foetus atteints d' «une affection d'une particulière gravité, reconnue comme incurable au moment du diagnostic» (ce qui est, en fait, une assez jolie définition de la vie...). Dangereuse dérive: la France est déjà le seul pays au monde où l'on peut pratiquer une IMG jusqu'au terme d'une grossesse, alors que les embryons sont aujourd'hui viables à 24 semaines, date à laquelle l'IVG et l'IMG sont illégales aux Etats-Unis, en Espagne, aux Pays-Bas et en Grande-Bretagne. La France est aussi le pays où l'on pratique le plus d'IMG: 7 000 par an, surtout entre le sixième et le septième mois. Et certains centres la pratiquent même pour des risques esthétiques, ouvrant la voie à l'eugénisme. Face à ces deux intégrismes opposés, le gouvernement n'arbitre pas, ne tranche pas et n'impose pas le respect de la loi".


Cette chronique révèle une méconnaissance réelle du dossier (la France n'est pas le seul pays qui pratique des IMG tardive). Elle s'inscrit surtout dans le cadre d'une dérive sémantique inquiétante consistant à utiliser les mêmes mots — intégristes ou ayatollahs — pour désigner tantôt de véritables intégristes religieux, tantôt les partisans d'une société du libre-choix et de la rationalité dans l'intérêt de tous. Comme si la liberté était un fléau. Comme si le fanatisme n'était qu'un excès.


Les coulisses de l'émission de CAMPUS (FOUREST vs. RAMADAN)

Jeudi 4 décembre au soir, sur le plateau de « Campus », l'émission de Guillaume Durand diffusée sur France 2, Caroline Fourest, Claude Allègre, Xavier Darcos, Dalil Boubaker, Jacques Alain-Léger, Pascal Bruckner et Tariq Ramadan étaient invités à débattre de la laïcité. Le professeur suisse, mais surtout ambassadeur du réformisme néo-salafiste des Frères musulmans est arrivé dans les coulisses de France 2 entouré d'une cour : huit gardes du corps et deux filles voilées.

Les deux jeunes filles voilées, récemment converties, ont réclamé à être sur le plateau : "pour représenter l'immigration". Ce qui a quelque peu perturbé les membres de l'équipe TV, dont certaines étaient vraiment issues de l'immigration. On aurait aimé filmer l'échange assez comique survenu entre Fiammetta Venner*, Dalil Boubaker et les deux jeunes filles. Fiammetta Venner et le recteur de la Mosquée de Paris s'adressant tous deux en arabe aux deux jeunes filles, perdues et ne comprenant pas un mot, jusqu'à ce qu'elles avouent s'être récemment converties et ne pas parler un mot d'arabe. Ce qui a suscité ce conseil ironique de Fiammetta Venner : "Un conseil, avant de vous voiler, apprenez au moins à lire le Coran dans le texte !" Elles n'ont pas obtenu d'être sur le plateau.

Pendant ce temps, les gardes du corps de Ramadan se sont séparés en deux groupes pour prendre place dans les loges dans deux endroits différents, tout en restant en contact par tawlkie-walkie et non sans se priver de jeter des regards menaçants aux autres invités. Au point qu'un responsable de la sécurité de France 2 a tout de même fini par s'inquiéter à haute voix devant les invités médusés : "La production est vraiment inconsciente. Vous n'avez aucune idée de qui est Ramadan. Vous auriez du être clairs. Il n'est pas question que je laisse entrer des hommes en armes sur le plateau" !

Étaient-ils vraiment armés ? Impossible de le vérifier. En tous cas, ce happening et la nervosité des services de sécurité obligés de tenir à distance les invités du clan Ramadan ont planté le décor. Une mise sous terreur en bonne et due forme qui laisse imaginer le calme et le cran qu'il a ensuite fallu àux contradicteurs de l'islamiste. En particulier à Caroline Fourest qui a révélé à ceux qui en doutaient le danger que représente Tariq Ramadan.

Le reste est de l'histoire télévisée habituelle : un débat confus, qui aura une fois de plus donné de la visibilisé à un démagogue. Il y a 20 ans, un autre démagogue frappait à la fenêtre des médias français. Et, au nom de la liberté d'expression, nous avons laissé parler Jean-Marie Le Pen, et parler et parler. En 1995, 139 heures de télévision lui ont été consacrées… contre trois heures en 1985.

Après « Campus », Ramadan passera chez Franz Olivier Giesberg (« Cultures et dépendances »). Décidément, l'histoire ne sert à rien.


http://www.proche-orient.info/xjournal_pol_rep.php3?id_article=19110
>* Co-auteur avec Caroline Fourest de « Tirs Croisés (la laïcité à l'épreuve des
intégrismes juif, chrétien et musulman », publié chez Calmann-Lévy.
http://www.amazon.fr/exec/obidos/ASIN/2702133045/tirscroises-21


du 3/12/03

Caroline FOUREST, rédactrice en chef de la revue ProChoix et co-auteure de TIRS CROISÉS*, sera l'invitée de l'émission CAMPUS face à Tariq RAMADAN le jeudi 4 décembre (France 2 à 23h05).*"Tirs croisés : La laicité à l'épreuve des intégrismes juif, chrétien et musulman", par Caroline Fourest et Fiammetta Venner, vient de paraître aux éditions Calmann-Lévy.
http://www.amazon.fr/exec/obidos/ASIN/2702133045/tirscroises-21


 

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