du 15/12/04

Après le terrorisme, Bush lance la guerre contre l’IVG

La remise en cause du droit à l'avortement était l’un des fers de lance des partisans de Bush. Quelques semaines après sa réélection, ils s’emploient à le démontrer.

Dopés par la perspective d’être les maîtres du monde pour quatre années supplémentaires, les républicains se sentent pousser des ailes d’anges exterminateurs. Le 21 novembre dernier, plusieurs sénateurs ont réussi a faire voter un amendement au projet de loi sur le budget 2005, qui libére, pendant un an, les médecins et hôpitaux de l'obligation de pratiquer l’avortement. Grace à cette nouvelle liberté, les assureurs pourront arguer de problèmes de sécurité pour refuser d’assurer les médecins qui voudront continuer à pratiquer des IVG. Pendant un an, aucune agence fédérale ne peut pénaliser des médecins ou des hôpitaux refusant de pratiquer l'avortement.

Seuls neuf élus se sont publiquement opposés au projet. Parmi eux, aucun homme, et une seule était républicaine. Cette dernière, Olympia Snowe a protesté — en vain — sur la procédure : l’amendement n’a même pas été discuté en comité, comme c’est l’usage.

Les opposants à l’avortement ont compris le signal. Il étudient la carte des Etats-Unis à la loupe pour détecter les poches de résistance — entendez les cliniques et les médecins qui s’obstinent à faire pleurer le petit jésus — et mènent simultanément deux campagnes. D’un côté, ils multiplient les manifestations devant les cliniques, de l’autre, ils contactent immédiatement les assureurs.

Autre coup porté au droit à l’avortement : la suppression des subventions fédérales à tout organisme de santé qui ne ferait pas de la propagande en faveur de l’abstinence. Là aussi, le discours est rodé : le préservatif ne protègerait pas à coup sûr du sida et l'avortement rendrait les femmes dépressives… Ces délires figurent désormais dans près de trois manuels scolaires sur quatre. Le but des opposants à l’avortement n’est pas nécéssairement d’interdire l’IVG, mais de la rendre plus difficile et plus compliquée pour les femmes, qui avortent toujours, mais dans de moins bonnes conditions.

Fiammetta VENNER

Paru dans Charlie Hebdo du 15 décembre2004

 

 

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