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Inscrire
les familles homoparentales
dans la réalité juridique et sociale
Les
concepteurs du PACS sont restés résolument muets sur les
questions touchant à lhomoparentalité. Cette absence
sest traduite par des menaces à lencontre de la communauté
homosexuelle relayées par certains partis politiques et autorités
religieuses, notamment une pétition visant à interdire
ladoption par des personnes pacsées. La menace est claire
: ne vous pacsez pas ou vous perdrez une partie des possibilités
qui vous sont offertes de devenir parents.
En refusant daborder la question de lhomoparentalité,
la loi entend préserver un ordre symbolique que la réalité
dément. Peu de choses peuvent empêcher une personne, quelle
soit homosexuelle ou hétérosexuelle, dêtre
parent si elle le désire. Plutôt que de tout faire au plan
législatif et juridique pour juguler un phénomène
qui serait considéré comme dangereux pour la société,
les pouvoirs publics doivent mettre fin à la situation de non
droit dans laquelle sont maintenues les familles homoparentales. Certaines
de leurs difficultés pourraient être aplanies par des dispositions
légales apportant une certaine souplesse au droit de la famille,
et répondant au besoin non seulement des familles homoparentales
mais des familles au pluriel des années 2000.
Voici les principaux points sur lesquels le PaCS est muet, et les dispositions
législatives que nous préconisons dadopter pour
remédier à ces silences :
Discrimination exercée à lencontre de candidats
célibataires qui offrent les conditions satisfaisantes pour accueillir
un enfant et qui se voient refuser lagrément pour adopter
au titre dune sexualité non conforme . Il
ne sagit pas dun droit à lenfant mais de nexclure
aucune catégorie de citoyens a priori.
La loi recommande lexamen au cas par cas des candidatures. La
conclusion dun PaCS ne doit pas être un facteur de discriminations.
Pour ce faire, nous demandons que la loi soit appliquée sans
discrimination au regard de lorientation sexuelle des futurs adoptants.
Un décret pourrait le préciser.
Mettre fin aux discriminations dont sont victimes les parents séparés
ou divorcés lorsque leur droit de visite ou de garde est restreint
au motif de leur orientation sexuelle. La loi recommande depuis 1993
que lautorité parentale soit conjointement exercée
par les deux parents. Là encore, la conclusion dun PaCS
entre deux personnes de même sexe ne doit pas être un facteur
de discrimination.
Nous demandons linstitution dun délit de déni
de parentalité et que nul ne puisse faire obstacle à
lexercice par les père et mère de leurs droits et
devoirs de parents.
Le PACS nouvre aucun droit, ni aucun devoir, à un contractant
homosexuel à légard des enfants de son partenaire.
Cela peut mettre le droit en total porte-à-faux face à
une réalité concrète : la part active, continue,
engagée dans le temps, que le contractant prend dans léducation
des enfants de son partenaire. Labsence de reconnaissance du rôle
du partenaire de même sexe dans léducation des enfants
pose des problèmes quotidiens (autorisations à lécole,
urgences médicales) et constitue une menace pour lenfant
si son seul parent légal venait à décéder.
Pour pallier ces problèmes nous préconisons à lintérieur
ou à lextérieur du PACS, une évolution du
droit de la famille, et la création de statuts appropriés
(beau parent, co-parent, second parent), ouverts aux couples homosexuels
et hétérosexuels).
Le PACS est muet sur les questions liées à la parentalité.
Il est désormais nécessaire denvisager une filiation
basée sur une éthique de la responsabilité et non
sur le primat du biologique en respectant les trois volets : biologique,
légal et social. Un enfant doit pouvoir accéder à
ses origines, avoir une filiation cohérente avec son environnement
familial, y compris lorsque celui-ci est composé de personnes
de même sexe, et voir protéger ses liens avec ceux qui
lélèvent.
En découlent les propositions suivantes :
- Permettre ladoption par un couple de personnes de même
sexe présentant de bonnes conditions daccueil et de développement
pour un enfant. Cette disposition a déjà été
adoptée aux Pays Bas et en 1997, létat de New Jersey
a autorisé les couples gays et lesbiens à adopter conjointement
.
- Permettre un égal accès des célibataires et des
couples de personnes de même sexe aux moyens de procréation
médicalement assistée (PMA) : le critère ne doit
pas être la vraisemblance biologique mais la cohérence
du projet parental et lengagement des personnes.
Enfin , tous les citoyens doivent pouvoir accéder à toute
institution relative au couple, quil sagisse de lunion
libre, du PACS ou du mariage.
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Au sommaire :
Biens
: les carences du régime légal
Les droits des partenaires étrangers
Problèmes liés à
lenregistrement du PaCS
Droits sociaux
Succession / Fiscalité
Droits extrapatrimoniaux
Droit du Travail
Les familles homoparentales
Les associations membres de lObservatoire
du PaCS
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