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LES
DROITS DES
PARTENAIRES ETRANGERS :
un droit au séjour
précaire, un accès sans bonus à la carte de résident
et à la naturalisation.
Sous
langle des droits des partenaires étrangers, le bilan de
la loi sur le PaCS, un an après son entrée en vigueur,
est à limage des craintes et des remarques que formulait
lObservatoire du PaCS, en amont du vote, dans son rapport de mars
1999.
Avons-nous été entendus ? peu ou pas : la logique mise
en uvre par la nouvelle majorité depuis juin 1997 en matière
dimmigration a prévalu sur toute autre considération.
Ainsi le PaCS joue-t-il doublement le rôle de révélateur.
Il éclaire dabord dune lumière violente, à
travers les trop nombreuses discriminations quil laisse subsister,
ou renforce, la logique de suspicion et de contrôle qui préside
à la plupart des mesures à lencontre des étrangers,
fussent-ils nos compagnes ou nos compagnons, dès lors quils
projettent de sinstaller à nos côtés, voire
de vivre avec nous, durablement en France. Il projette ensuite de bien
curieuses lueurs sur cette volonté dinnover en créant
notamment pour les personnes homosexuelles concernées un statut
de citoyens de seconde zone qui, combiné à celui réservé
au départ aux étrangers, livre les couples dits mixtes
ou binationaux pacsés aux plaisirs dun véritable
jeu de loie qui, initié en Préfecture, les précipite
au devant du Tribunal Administratif ou devant la Commission du Titre
de séjour, à moins que ce ne soit le Ministère
de lIntérieur, avec la carte recours gracieux ,
à moins quils ne puissent, pour les plus malchanceux, échapper
aux sages avis, parfois favorables, du Conseil dEtat. Tout cela
pour pouvoir, grâce à la loi sur le PaCS, bénéficier
du droit exceptionnel de vivre avec la personne de son choix. Ne pourrait-on
pas faire plus simple, plus juste et plus équitable ?
Le flou généreux de la loi, nous assurait-on, devait permettre
au PaCS de servir délément dappréciation
pour lobtention dun titre de séjour. Deux
circulaires, en décembre 1999 et en juillet 2000, sur le droit
au séjour et sur la naturalisation, nous ont brutalement ramené
à une réalité plus cruelle.
On na pas voulu remettre en cause le scénario mis en place
dès mai 1998 par la loi Réséda, destiné
à mettre en musique les questions liées à laccueil
et au séjour des étrangers en France. Les circulaires
dapplication du PaCS, notamment celle du 10 décembre 1999
demandent donc trois ans de vie commune pour pouvoir bénéficier
dun titre de séjour, délai à mi-chemin entre
celui imposé aux concubins ayant des enfants (cinq ans) et celui
offert aux conjoints (un an).
Encore faut-il sassurer que les préfectures apprécient
positivement la production des preuves apportées de cette vie
commune par celles et ceux qui peuvent sen prévaloir :
le succès de leur démarche nest toutefois pas garanti.
Sont dentrée hors jeu les couples plus récents,
ceux ayant fait un détour par létranger, enfin les
personnes partageant leur vie mais vivant dans des logements différents.
Par ailleurs des discriminations patentes sexercent tant pour
lattribution dun visa donnant un droit de travail que pour
lattribution dune carte de résident, laccès
à la nationalité ou, plus globalement, à lencontre
des droits des couples concubins non pacsés.
En deçà de cette limite, votre ticket nest pas valable
: les moins de trois ans.
Tout se mérite, il faut faire ses preuves. Pour obtenir un titre
de séjour portant la mention Vie privée et familiale
, ou tout au moins une carte de séjour salarié,
le partenaire étranger pacsé doit pouvoir justifier de
trois ans de vie commune. Sont ainsi discriminés de facto toutes
celles et ceux qui ne le peuvent, quils soient pacsés avec
un citoyen français ou un résident étranger en
situation régulière.
Pour respecter la loi sur le PaCS, il faut enfreindre lordonnance
de 1945, revisitée par M. Chevènement, et demeurer sur
le territoire hexagonal sans papiers pendant trois ans avant de pouvoir
prétendre à un titre de séjour. Ainsi lEtat
français ignore le droit à une vie privée et familiale
des deux membres du couple par son refus doctroyer dans des délais
plus humainement raisonnables (un an, à lidentique du délai
réservé aux conjoints) un titre de séjour à
lintéressé(e) ; plus encore quand il prononce une
mesure déloignement du partenaire étranger.
Ce sont les libertés fondamentales de la personne qui sont atteintes
quand on contraint un couple, au motif que lun ou lune dentre
eux est étranger, à vivre dans une semi-clandestinité,
lun(e) étant sans papiers, sans possibilité dun
travail déclaré, sans couverture sociale.
Jacques, Mauricien, est venu sinstaller en France au printemps
2000. Il y a rejoint Xavier quil a connu pendant ses études
à Paris. Malgré leur PaCS, sa demande dun titre
de séjour a été rejetée par la préfecture
de Colmar à lautomne.
En dépit dune jurisprudence, qui permet dapprécier
les liens personnels que lon a avec la France à travers
ses liens affectifs avec un(e) citoyen(ne) français(e) hors du
territoire national, la circulaire du 10 décembre 1999 restreint
lattribution dun titre de séjour aux partenaires
étrangers des couples résidant en France. Sont ainsi discriminés
toutes celles et ceux qui ont pour seul tort davoir vécu
ensemble hors de France, alors même que lon peut signer
un PaCS à létranger auprès dun consulat
français.
Polonais, Piotr vit avec Claude depuis 1996. Ils se sont rencontrés
et ont dabord vécu ensemble en Pologne, avant de sinstaller
en France. La demande dun titre de séjour présentée
par Piotr a été refusée par la préfecture
de police de Paris, qui ne prend en considération que la période
parisienne de leur vie commune, dune durée inférieure
à trois ans.
Lattribution dun visa
un cadeau empoisonné
Les visas délivrés aux étrangers pacsés
avec un(e) citoyen(ne) français(e) et désirant le ou la
rejoindre pour vivre ensemble en France sont des visas long séjour
, qui ne donnent pas le droit de travailler. Le demandeur doit
apporter des garanties de ressources telles que lon peut parler
dune discrimination sociale, par le biais du critère économique,
et homophobe (pour les couples gays, le regroupement familial nexiste
pas !)
La carte de résident
Le PaCS napporte rien. Cest bien le plus étonnant.
Si un partenaire étranger obtient son premier titre de séjour
au lendemain de la signature dun PaCS, il lui faut attendre cinq
ans avant de pouvoir prétendre à cette carte de dix ans.
Encore faut-il espérer quil puisse justifier de ressources
personnelles, dun salaire, et dune bonne intégration
sociale, en clair dun travail salarié. Seule lobtention
de plein droit, de la carte de résident dans des délais
identiques à ceux déjà prévus pour les conjoints
pourrait remédier à cette discrimination injustifiable
vis-à-vis des couples pacsés, notamment homosexuels, qui
ne peuvent se marier pour faire bénéficier le partenaire
étranger de la carte de résident, qui seule peut procurer
au regard du séjour une certaine stabilité et sécurité.
Laccès à la nationalité
Attendue, la circulaire publiée en juillet 2000 est peu ou trop
claire. Si elle évoque le PaCS, cest surtout pour indiquer
quil faut le prendre en compte. De là à penser que
le PaCS doive, une fois de plus, servir délément
dappréciation pour délivrer la nationalité,
il ny a quun pas
En clair, être pacsé
ou célibataire, cela revient presque au même, dans la mesure
où il faut pouvoir justifier dans les deux cas dau moins
cinq ans de résidence régulière sur le territoire
national. De plus, rien ne garantit le résultat, puisque en la
circonstance lEtat conserve son droit régalien daccorder
ou de refuser.
Pour mettre fin à une discrimination incompréhensible
vis-à-vis des couples pacsés, et singulièrement
des couples homosexuels qui ne peuvent choisir de se marier, il faut
accorder aux partenaires étrangers pacsés la naturalisation
de plein droit dans des délais identiques à ceux jusquà
présent réservés aux seuls conjoints.
Les couples de concubins non pacsés
Bien que la loi sur le PaCS reconnaisse un statut légal au concubinage,
la circulaire du 10/12/99 permet aux préfectures de ne pas prendre
en compte les éventuelles demandes de concubin(e)s homosexuels
dont lun(e) souhaite obtenir la délivrance dun titre
de séjour. Quand bien même ils auraient cinq ans de vie
commune, délai nécessaire pour un concubin hétérosexuel,
ils ne peuvent se prévaloir en revanche du fait davoir
un enfant, sauf cas rare, et condition sine qua non pour obtenir des
papiers dans ce contexte ! Une fois encore, le PaCS sert de révélateur
à une logique vis-à-vis des étrangers, notamment
des homosexuels, qui est inacceptable. Hétérosexuels ou
homosexuels, les concubins devraient pouvoir se prévaloir de
leur vie commune, avec ou sans enfants, afin d obtenir le droit
au séjour. La condition denfant devrait, selon nous, être
supprimée et le délai ramené à lidentique
des conjoints (un an).
LEgalité des droits de tous les partenaires étrangers
On laura compris. A nos yeux, tous les partenaires étrangers,
sans distinction, devraient pouvoir bénéficier dun
même accès aux mêmes droits : quil sagisse
de lobtention dune première carte de séjour,
de lobtention dune carte de résident, ou encore de
laccès à la naturalisation.
De manière plus générale, les circulaires dapplication
du PaCS sont le reflet dun droit des étrangers étriqué,
inadapté à la réalité. Selon que lon
est pacsé avec un Français, un ressortissant Européen,
un étranger en situation régulière originaire dun
Etat tiers à lUnion européenne, on pourra bénéficier
ou non, dans des conditions de délais fort différentes,
des droits essentiels au séjour dun étranger en
France.
Cest pourquoi nous maintenons avec force lidée que
les partenaires pacsés, sans distinction de nationalité,
doivent être clairement, dans le cadre dune refonte de la
loi, mentionnés dans une nouvelle mouture de lordonnance
du 2 novembre 1945 comme bénéficiaires des mesures permettant
lobtention dun premier titre de séjour, de la carte
de résident, de la naturalisation, au même titre que les
conjoints.
En guise de conclusion provisoire.
Projet de progrès et bientôt dune nouvelle législature,
le PaCS pour tenir toutes ses promesses doit prendre en compte les aspirations
des partenaires étrangers et de leurs compagnes et compagnons.
Le renforcement de leurs droits serait un indice clair dune décision
politique daccomplir les adaptations indispensables à une
véritable intégration de toutes celles et ceux qui, en
inscrivant leurs liens personnels dans le cadre du PaCS, ont fait le
pari de ce nouveau statut.
Ils témoignent ainsi de leur désir profond de vivre pleinement
leur appartenance à cette société, dinscrire
leurs vies dans la vie sociale et lhistoire commune de notre pays.
Lesbiennes, gays ou transsexuels, celles et ceux qui, étrangers,
ont signé un PaCS ont en cela manifesté leur confiance
et leur espoir de voir leurs droits ici pleinement reconnus. Seuls un
certain courage et une vraie volonté politiques pourront entreprendre
lamélioration de la loi sur le PaCS afin de répondre
à leur attente.
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Au sommaire :
Biens
: les carences du régime légal
Les droits des partenaires étrangers
Problèmes liés à
lenregistrement du PaCS
Droits sociaux
Succession / Fiscalité
Droits extrapatrimoniaux
Droit du Travail
Les familles homoparentales
Les associations membres de lObservatoire
du PaCS
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